Voyageuse Astrale. Aurianne DuChaîne.
Prélude :
C'est difficile parfois d'imaginer jusqu'ou nos rêves peuvent nous mener. On peut croire à une simple distorsion de notre esprit, voir des souvenirs de nos journées ou de nos rêves. Mais qui aurait-cru que nous puissions aller encore plus loin que ce que le monde présent désirait nous offrir ? Plus loin encore que ce que nos yeux nous offrait de voir, plus loin que ce que nos pas foulaient, et plus loin encore que ce que nos rêves nous démontraient ?
On dit que l'on y accède que par volonté, qu'il est d'une partie où notre corps ne peut s'y joindre, mais où seul notre esprit, notre âme, le Corps Subtil, nous permet d'accéder. Un lieu d'où la Voûte Étoilé prend office de chemin, un lieu ou les esprits Illusionnistes peuvent s'évader… ou se perdre. Imaginez un seul instant un lieu pareil, une seule fraction de seconde. Un certain monde astral couvert d'une délicate brume, de montagnes aussi blanche que la glace, et pourtant rocheuse. Sans ciel, sans sol, une présence relative qu'à l'imagination du voyageur.
Les études des Illusionnistes que peuple Teilia ont depuis longtemps nié, ou accepter la présence d'un tel monde. L'on mentionne parfois qu'il est là ou les rêves prennent naissance, comme si le Corps Subtil se déployait que légèrement durant notre sommeil, nous laissant frôler suffisamment ce Monde qui nourrit nos rêves. Un univers ou, chaque pensé, chaque craintes ou chaque désirs se voit matérialisé. Là ou les âmes suivent leur chemin, et ou les voyageurs vivent leurs nuits. Ainsi, nous pourrions dire qu'il nous est impossible d'y accédé de corps vif, et que seul notre esprit y serait accepter.
Cellule Un :
Aux frontières du sommeil.
- « Bonne nuit, Monsieur Zack. »
La fillette se redressa sur le bout de ses pieds, venant déposer un baiser amical sur la joue du vieil homme attablé devant un jeu de dames. Ses longs cheveux noirâtres tombaient quelque peu devant son minois, cachant ses pupilles grisâtres étincelantes de curiosité. À la voir, on remarquait très bien sa légère dyssynchronie (Syndrome causé par le surdouement), mais rien ne lui enlevait de son charme. Se replaçant sur le plat de ses pieds, elle lui dévoua un sourire léger avant de filer d'un pas rayonnant jusqu'à sa chambre. À la cantonade durant sa marche, elle lança :
- « Je vais vous avoir, demain ! »
Sa main enlaça la poignée de la porte, tandis qu'elle prêta une oreille souriante au rire du Noble, juste avant de la refermer. Pivotant dos contre l'entrée, son regard argenté balaya la pièce des yeux. Elle marcha jusqu'à son armoire, se déchaussant et se déshabillant pour enfiler une tenue de nuit en lin, légèrement teinté de mauve. Bien revêtu, elle choppa une poupée qui traînait contre le sol de sa chambre, et se glissa entre les draps froid de son lit.
- « Bonne nuit, Aube. Bons rêves aussi. Demain, il faut battre Monsieur Zack aux dames ! »
Elle entoura la poupée de ses bras, l'appuyant contre son torse. Son menton se déposa contre la tête légèrement chevelue de la petite damoiselle de chiffon, tandis que les paupières de la petite Illusionniste de treize ans se rejoignirent. Une bonne nuit de sommeil, rien de mieux ! Son esprit vagabondait ici et là, mais il avait un bail qu'elle avait apprit à ne pas y prêter attention. Sinon, il n'y avait aucun moyen de réussir à dormir vite, et du coup, se réveiller encore plus vite ! Demain n'attendrait pas. Il n'attend jamais, d'ailleurs. Elle pivota un peu, venant se coucher sur le dos en rivant ses yeux clos vers le plafond. Sa poupée tomba légèrement de côté, contre sa hanche, et elle l'encercla d'un seul bras.
Doucement, le sommeil la gagna. Ne fus-ce que dans cette instant inconsciente ou le sommeil la rongeait, à la frontière qui la séparait du monde traditionnel des rêves, un sursaut envoya son cœur battre à une vitesse folle. Elle tenta bien de se redresser, mais son corps ne semblait apte à suivre ses désirs. Quelque chose l'attirait, quelque chose l'aspirait là-haut. Ses yeux clos semblèrent percevoir une aura se détaché de son corps, suivant sa silhouette futilement lumineuse s'élever. Tout se floua, l'obscurité qui avait recueilli sa chambre n'était plus qu'une plaine brumeuse, démunie de sol ou de gazon, ou le ciel n'était que très éclatante lumière.
-« Ou je suis ? Mooonsiieur Zaaackk ! »
Elle flottait, doucement. La sensation était agréable, mais elle paniquait. Son corps était entouré d'un bouclier teinté de diverses couleurs, de différentes couches. Son aura. Elle souleva une main pour l'observer, et n'y vue qu'une translucidité. Elle était morte ? C'était le Circan ?
- « M… Monsieur Alexandre… ? Est-ce que… ‘Que vous êtes là… ? »
Un simple vide lui répondit. Ce n'était pas le Circan, alors. Sinon, Monsieur Alexandre serait venu la voir, parce qu'elle serait morte et que lui il serait là, comme toujours. Mais il n'y était pas. Elle était toute seule et elle flottait comme un fantôme. Quelque part, elle était assurée qu'elle ne rêvait pas. Les rêves ne ressemblaient pas à ça, et elle avait toujours pu se réveiller avant, même quand qu'elle avait vraiment peur. Maintenant, quand elle essayait d'ouvrir ses yeux, il ne se passait rien. Son cœur, ou en tout cas la sensation de son cœur, ne semblait plus là. Elle n'avait plus rien de familier avec avant, alors elle se dit qu'elle n'était pas dans son corps comme d'habitude.
Elle balaya l'étendue brumeuse des yeux, entortillant se qu'elle croyait être ses doigts dans une vaine tentative de se calmer. Au loin, elle sembla voir des montagnes. Ses fins sourcils se froncèrent un moment. En à peine quelques secondes, la montagne s'élevait désormais devant elle. Quand y avait-elle été ? C'est comme si elle s'y était téléporter par le simple bon vouloir de son esprit. Ce n'était pas un rêve, ah ça non ! Mais aussitôt qu'elle fut près de la montagne, quelque chose la tira vers l'arrière. Un bond la secoua et elle retomba contre les plaines lumineuses qu'elle avait quittées plus tôt. Un fil la retenait. La retenait à quoi ? Le brouillard l'entourait plus que toute chose ici, et même si sa couleur d'argent attirait l'œil, elle n'était pas capable de voir jusqu'où il s'étirait. Ses mains enlacèrent le délicat fil, et elle tenta de tirer. Une douleur fulgurante la secoua.
- « Aahh ! Ou je suis !? Ça fait maaaaaaal ! » Des sanglots secouèrent sa poitrine translucide, et l'enfant tomba à genoux, démunie.
Autour d'elle, la brume s'était épaissit.
Cellule Deux :
Le reflet du rêve.
Le soleil était levé depuis un moment déjà. Ses rayons traversaient la chambre dans laquelle l'enfant s'était couché la veille. Le temps s'écoulaient, le soleil prenait de la hauteur tandis que rien ni personne ne vint déranger la fillette dans son sommeil. Lentement et tranquillement, comme à tous les matins ou la gamine traînait au lit, des coups délicats retentirent contre la porte de sa chambre.
- « Aurianne, lèves-toi. Le soleil est lever, la journée a commencé.
Mais l'enfant n'ouvrit pas les yeux. Elle resta endormie, se faisant sourde aux cognements du vieil homme. Sous l'inactivité récurrente, la porte s'ouvrit. Des pas lents et tranquilles se firent perceptibles dans la chambre de gamine. La silhouette de Zack, dressé par les rayons filtrés du rideau, prit lentement place sur le lit. L'une de ses mains se déplaça lentement pour se poser sur son front, tâtant sa peau. Sa froideur et la pâle couche de sueur qui recouvrait son corps se fit rapidement connaître. Monsieur Zack insista un moment, et voyant son état inconsciente, se pressa d'aller chercher un médecin, un soigneur.
Quelque part dans le Circan pendant ce temps, et les temps d'inconscience qui suivraient, une paire d'yeux observait sans broncher l'état de la fillette. Aurianne, perdu dans l'onirisme, gardait sur elle le regard protecteur d'Alexandre.
Pourtant, à l'arrivé du soigneur, même la présence de son gardien ne put l'éveillé. Elle était silencieuse, assoupie mollement. Il tenta bien de l'éveillé, mais toujours, en vain. Il prit son pouls minimal et sa température corporelle basse, rien qui ne put l'encourager. L'état comateux de l'enfant était assuré.